Inauguration du Métaphone : le ressenti des artistes.

Les 28, 29 et 30 juin, les artistes se sont succédé sur le site du 9-9bis, à l’occasion de l’inauguration du Métaphone. Qu’en ont-ils pensé ? Réponses avec Les AuTRes, La Familya, Féfé et Naive New Beaters.

Propos recueillis par Mélanie Hochart.


LES AuTRes
“Le Métaphone, c’est une consécration pour nous“
Le groupe de rock d’Hénin-Beaumont a l’habitude d’écumer les bars de l’agglomération. Cette fois, c’est sur la scène du Métaphone, et qui plus est pour son inauguration, que les Héninois ont défendu leurs morceaux, le 29 juin 2013. Impressions de Pierrot, chanteur du groupe.

© Ludovic SONRIER

© Ludovic SONRIER

Comment est né le groupe Les Autres ?
“On est potes, on vit à Hénin-Beaumont. On joue ensemble depuis 2005 et Gaëtan est arrivé à la basse en 2011. Nous faisons du rock à la française, on reconnaît donc du Noir Désir, du Eiffel, du Bashung… En 2010, on a joué en clôture du festival des Enchanteurs, en première partie de Debout sur le Zink. Puis en 2012, on a fait partie des 12 lauréats du dispositif Tour de chauffe, qui accompagne les artistes amateurs. Le prix : une résidence de cinq jours au Nautilys à Comines et la première partie d’un concert de Rodolphe Burger. C’était un grand moment pour nous, une belle rencontre.“

Jouer pour l’inauguration du Métaphone, ça représente quoi pour vous ?
“C’est super. Dès qu’on en a entendu parler, on a envoyé un mail, sans trop savoir si les groupes locaux allaient pouvoir jouer. On a été rappelés directement par Olivier Galan, directeur du 9-9bis. Je connais bien le site : je suis enseignant et mes élèves ont participé aux ateliers musique : ils ont joué dans la salle des Pendus. Le Métaphone, c’est une consécration : c’est une super salle, c’est chez nous. C’est ce qui nous manquait dans le bassin minier. D’autant que notre son dépend vraiment de nos racines, c’est inspiré de là où on vient, de là où on vit. C’est génial de pouvoir concrétiser ça.“


La Familya
 – “Ici, il y a de bonnes énergies“
Les Lillois de la Familya ont fait escale au 9-9bis pour l’inauguration du Métaphone. Et ils sont ravis : “C’est un honneur“ pour eux.
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La Familya, c’est un groupe de scène ?
“Le groupe est né fin 2009, il est composé de musiciens issus d’autres formations. On se connaît depuis longtemps mais le projet est récent. On a sorti notre premier disque en 2010. Au Métaphone, c’était notre 150e scène. On cherche à jouer partout : dans les quartiers, dans les bibliothèques. On amène la musique dans des endroits où il n’y en a pas forcément. On joue aussi à l’étranger (Belgique, Hollande). Nos influences sont festives : Babylon Circus, Mano Negra, Marcel et son orchestre, Sinsemilia…“.

Jouer sur la scène extérieure du 9-9bis, ça vous a plu ?
“Le site est très bien et le Métaphone est une très belle salle. C’est la première fois que nous venons et c’est un honneur. Le directeur Olivier Galan nous a contactés pour venir jouer à l’inauguration, on s’est rencontrés lors du festival du Printemps de Bourges. On a suivi le projet, comment ça allait se monter. Au Métaphone, on sent qu’il y a de bonnes énergies.“


Féfé
– “Je n’aurais pas rêvé mieux“
Féfé évolue désormais en solitaire mais c’est avec le groupe Saïan Supa Crew qu’il a été révélé au grand public. Quand on lui décrit Le Métaphone, instrument de musique géant, il en parle avec des étoiles plein les yeux.

© Sébastien CIRON

© Sébastien CIRON

Le succès vous est tombé dessus avec “Angela“, le tube de votre groupe. Est-ce difficile à gérer ?
“Pendant 10 ans,  on a voyagé dans le monde avec les Saïan Supa Crew, le groupe de hip hop dont je faisais partie. Mais en groupe, le succès est plus facile à gérer. On s’est amusés, on était jeunes, on avait 20 ans. Puis le groupe s’est séparé, et pendant deux ans, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire. J’ai failli arrêter la musique mais je continuais à écrire des chansons, comme une thérapie personnelle. Je suis un fou de musique. Et puis un jour on m’a dit : c’est super, fais quelque chose. Je me suis lancé en solo, mon premier album, Jeune à la retraite, est sorti en 2009. Actuellement, je défends sur scène mon deuxième opus : Le charme des premiers jours.“

Comment définir votre style musical ?
“Je ne sais pas. Je touche peut-être à quelque chose qui ne se fait pas. J’allie le rap et le hip hop à mon amour de la chanson. Je n’ai pas honte de dire que j’écoute Alain Souchon et M, autant que j’aime Jay-Z. Mon père adorait Nougarro et j’ai été bercé par sa musique. Aimer ces styles différents, je ne trouve pas que ce soit quelque chose de si choquant.“

Vous avez joué pour l’inauguration du Métaphone le 29 juin. Vos impressions sur le bâtiment ?
“En voyant le bâtiment, au loin, je me suis dit : je suis sûr que c’est ça le Métaphone, un bâtiment instrument de musique. Dans mes rêves, je n’aurais pas imaginé mieux. Je suis un gamin, je veux essayer tous les instruments de musique au monde. Le Métaphone est le plus grand d’entre eux. C’est énorme.“


Naive New Beaters
 – “Le Métaphone, c’est « chan-
Les Naive New Beaters, trois hurluberlus parisiens, à la folie communicative. « Big up to you Oignies ! » : avec leurs expressions qui font mouche, ils ont enflammé le Métaphone le 29 juin. Interview du déjanté David Boring, chanteur du trio.
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Tout va bien pour les Naive New Beaters, depuis votre révélation par les Inrocks ?
“On a sorti notre deuxième album à l’automne, La Onda et on vient de sortir un nouveau clip. Nous revenons d’Indonésie, d’une tournée en Asie. On a assuré la première partie des concerts français des Smashing Pumpkins, et également des Kills. Nous avons été repérés par le magazine Les Inrocks, dans lequel nous avons eu notre premier article. On enchaîne aussi les festivals : Solidays, les Vieilles Charrues, Primavera en Espagne… “.

Comment est né le groupe ?
“On est des copains d’enfance, avec une formation classique. Notre musique, c’est un mélange de genres : l’un est fan de rock et d’ACDC, l’autre préfère le rap français et moi, au chant, la musique électro“.

Une impression sur le Métaphone ?
“On a entendu parler du lieu, on est déjà passés par le Nord. C’est beau, c’est “chan-mé“. C’est rare que les nouvelles architectures me plaisent mais je trouve que ça s’intègre bien à l’industrie minière“